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Faire face aux émissions de gaz à effet de serre: réussir là où nous vivons et travaillons

Si nous voulons réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), la tarification du carbone est une base essentielle, idéalement aussi simple, prévisible et neutre du point de vue des recettes. Cependant, comme le prétendent certains puristes de l'économie, assez pour nous faire passer à une économie à faibles émissions de carbone ou, autrement dit, à une économie à croissance propre?

Il existe de nombreuses politiques dites complémentaires qui sont une mauvaise idée - inefficaces, inutiles et parfois contre-productives. Cependant, ils ne sont pas tous une mauvaise idée et certains sont un complément essentiel aux signaux de prix.

Il est de plus en plus reconnu que nos communautés offrent de nombreuses opportunités potentielles, essentiellement des espaces gérés par des municipalités ainsi que des espaces gérés par des gouvernements autochtones où la plupart d’entre nous vivent et travaillent, où nous utilisons près de 60% de toute l’énergie consommée par les Canadiens. et où nous générons environ 50% de nos GES. Un grand nombre de ces opportunités deviendront économiques en raison de la tarification du carbone, mais elles auront souvent besoin d’être relancées par d’autres actions gouvernementales, telles que des programmes d’information et des normes de construction et d’équipement en matière d’efficacité et d’émission.

Le domaine politique de loin le plus important à long terme concerne la planification municipale. L'objectif à long terme du Canada est de réduire radicalement les émissions de gaz à effet de serre à zéro ou presque. La seule façon de rendre cela réel (pratique et abordable) est de réorganiser nos communautés pour qu'elles deviennent des communautés énergétiques intelligentes. [1] La tarification du carbone ne peut à elle seule y parvenir. [2]

L'approche des communautés énergétiques intelligentes doit commencer par une stratégie basée sur une compréhension approfondie du profil énergétique d'une communauté donnée. Quels sont les besoins en énergie de la communauté - et pas seulement en électricité, qui représente généralement moins du quart de la demande, mais en totalité, chaleur et mobilité comprises. Ensuite, quelles sont les options pour répondre à ces besoins de manière sûre, fiable, abordable et écologiquement rationnelle? Quelles sont les options qui rapportent des dividendes multiples tels que des coûts plus bas ou une meilleure qualité de l’air ainsi que la réduction des émissions de GES? Gardant ces questions à l’esprit, nous pensons que quelques principes de base - ceux qui sous-tendent les communautés énergétiques intelligentes - doivent ancrer toute stratégie énergétique sensée. [3]

Le premier principe et celui qui paie presque toujours des dividendes multiples consiste à réduire le besoin en énergie en premier lieu grâce à l'efficacité énergétique. Il existe de nombreux exemples au Canada où l'accent mis sur l'efficacité a produit des résultats non seulement rentables, mais, dans le cas des bâtiments, ont créé des espaces plus confortables pour leurs habitants. Un exemple est le Southwoods Development à Edmonton, où Christenson Developments a construit des appartements pour les personnes âgées dont l'efficacité énergétique est l'un des principaux arguments de vente. La communauté de Southwoods offre des coûts de services publics réduits grâce à l’inclusion d’un système de chauffage géothermique à la pointe de la technologie et de coûts d’électricité réduits au moyen d’un système de cogénération alimenté au gaz.

Un aspect particulier de l'efficacité implique l'utilisation de la bonne forme d'énergie dans la bonne application. En termes simples, on peut dire que l’énergie a différents niveaux de «qualité», l’électricité étant la plus haute qualité - flexible et avec des applications presque illimitées, mais le passage à une faible teneur en carbone pèsera de plus en plus sur notre capacité de production d’énergie. Tenant compte de tous les coûts et de l’impact du cycle de vie complet de l’énergie, de la production à l’utilisation, une stratégie énergétique au niveau des communautés devrait prendre en compte les domaines où une énergie de haute qualité est la mieux utilisée et essentielle. Au-delà de cela, avec tous les coûts pris en compte, y compris un prix pour le carbone, le marché peut le plus souvent déterminer le meilleur endroit où une énergie de qualité inférieure, telle que l'eau ou l'air à basse température, pourrait faire le travail plus efficacement et à moindre coût.

Un autre aspect de l'efficacité concerne la gestion de la chaleur. Plus de la moitié de l’énergie qui entre dans notre économie, qu’il s’agisse de pétrole, de gaz, ou de différentes façons de produire de l’électricité, se transforme en ce qu’on appelle la chaleur «rejetée», autrement dit, la chaleur perdue. La principale source de chaleur rejetée est constituée par les moteurs à combustion interne pour le transport, où capturer la chaleur perdue est en soi très difficile. Parmi les autres sources, on peut citer la production d’électricité et les processus industriels nécessitant une énergie de haute qualité pour l’utilisation initiale (par exemple, faire tourner une turbine ou des matériaux de traitement), mais où une grande partie de l’énergie initiale reste dans le flux d’échappement et aboutit généralement à l’énergie rejetée. pile. C'est ici que des collectivités partout au Canada ont découvert des possibilités dans les applications combinant la chaleur et l'électricité (PCCE) et l'énergie de quartier (DE). Des possibilités moins évidentes peuvent être trouvées dans le captage de la chaleur dans les eaux usées, une forme de chaleur de basse qualité mais potentiellement utile et une source rentable dans les bonnes circonstances. Un exemple de la façon dont les communautés ont incorporé la cogénération et le DE est à Cornwall, en Ontario. Le Cornwall District Energy System utilise deux groupes électrogènes de cogénération fonctionnant au gaz pour produire de l’électricité ainsi que le chauffage des locaux de deux hôpitaux et de 12 bâtiments gouvernementaux et commerciaux. Grâce à l'utilisation de ce système de cogénération, les bâtiments ont une efficacité thermique qui avoisine les 90% en hiver, contre environ 35% pour les centrales électriques conventionnelles.

Toujours en matière de déchets, il existe de nombreuses possibilités de transformer ce qui serait autrement un fardeau en une opportunité énergétique. C'est ce que fait l'industrie forestière canadienne depuis des décennies. Elle utilise les déchets de bois tels que l'écorce et les branches pour alimenter les scieries et les usines de pâte à papier. Le même principe peut être appliqué dans de nombreuses exploitations agricoles. Plus près de chez nous, les déchets solides municipaux offrent des opportunités énergétiques, notamment de capter le méthane, un sous-produit inévitable des activités de gestion des déchets, et de l'injecter sous forme de gaz naturel renouvelable dans le réseau de distribution de gaz naturel déjà existant. C’est un bon exemple de double dividende dans lequel une source extrêmement puissante de GES (méthane) qui serait autrement rejetée dans l’atmosphère est capturée et brûlée, ce qui permet d’utiliser efficacement les infrastructures existantes et de rendre le système de gaz plus durable.

La plupart des discussions sur l'énergie au Canada ces jours-ci concernent uniquement les énergies renouvelables, mais il est frappant de constater que, jusqu'à présent, la plupart des opportunités dont nous avons parlé concernaient l'efficacité d'une manière ou d'une autre. Cela devrait nous dire quelque chose sur l'intérêt d'approcher la question de l'énergie de manière stratégique et compétente, ainsi que de considérer nos options énergétiques du point de vue de la communauté.

Mais à travers la lentille de la communauté, nous pouvons également voir de nombreuses options d'énergies renouvelables, en particulier pour l'énergie thermique. L’énergie capturée par l’utilisation de pompes à chaleur, qu’il s’agisse de sources souterraines ou aériennes, est le potentiel le plus évident et que, là encore, l’efficacité est souvent le fondement même de la demande de pompes à chaleur. Par exemple, le complexe Benny Farm à Montréal a été réaménagé afin de disposer de pompes à chaleur géothermiques et de planchers chauffants, d'un système de chauffe-eau solaire et de récupération de chaleur avec des chaudières à haute efficacité. Le marché de Forks à Winnipeg utilise un système géothermique pour exploiter l'énergie stockée dans la terre, la rivière Assiniboine et les eaux souterraines, ainsi que pour capter la chaleur produite sur le marché lui-même.

Une autre opportunité potentielle en matière d'énergie thermique concerne le refroidissement, en utilisant cette fois-ci un lac froid ou de l'eau de mer, une source à laquelle de nombreuses communautés canadiennes ont accès en abondance. L'énergie thermique peut également être fournie par des sources solaires, de manière passive, par exemple par l'orientation d'un bâtiment ou de manière plus active, en utilisant des systèmes thermiques solaires pour augmenter la température de l'eau d'entrée des systèmes de chauffage.

La technologie solaire ayant évolué au cours des dernières années, le potentiel de rentabilité des systèmes photovoltaïques (PV) ne cesse de croître. Ces types de systèmes peuvent être déployés dans de nombreux endroits, y compris sur les toits des bâtiments. Et les toits sont une chose que les communautés ont en abondance. L'un des nombreux projets réussis liés aux capteurs solaires thermiques et à l'énergie photovoltaïque au Canada est la communauté solaire Drake Landing à Okotoks, en Alberta. Il s'agissait de la première initiative à utiliser un système de distribution locale (boucle) pour collecter la chaleur à l'aide de panneaux solaires de toit, à utiliser la production solaire photovoltaïque sur site (énergie) pour pomper la chaleur et à la stocker dans le sol pendant les mois d'été en utilisant le stockage d'énergie thermique de forage qu'il pourrait être utilisé pour chauffer des espaces résidentiels pendant les mois d'hiver.

Le dernier point nous conduit au dernier principe, qui consiste à considérer nos réseaux d’énergie comme des ressources stratégiques. Les réseaux (électricité, gaz et thermique) transportent non seulement de l'énergie, mais peuvent également être utilisés ensemble pour équilibrer les systèmes de manière à tenir compte de l'intermittence des énergies renouvelables, répondent à différents profils de demande en fonction de l'heure ou de la saison et s'intègrent au système. «ressources» énergétiques, telles que le gaz de décharge et la chaleur perdue. Ce principe, à son tour, nous ramène au point que la seule façon réaliste de penser les réseaux et la seule façon réaliste de saisir les opportunités que nous avons décrites consiste à visualiser l'énergie à travers le prisme d'une communauté.

Récemment, le Canada a beaucoup discuté de l’énergie dans le domaine de l’énergie au sujet de tout ce que nous, ou certains d’entre nous, ne voulons pas construire, qu’il s’agisse de pipelines, de lignes électriques et de centrales de toutes sortes, renouvelables ou fossiles. Une grande partie de l’opposition est organisée dans les communautés par les dirigeants des communautés et parfois elle est juste et raisonnable, parfois pas beaucoup.

Notre argument est que les citoyens des communautés sont beaucoup plus que ceux qui disent non. Ce sont des gens qui ont besoin de différentes formes d’énergie abordable pour leur bien-être et qui croient à juste titre que ces besoins énergétiques devraient avoir un impact réduit sur l’environnement. Les communautés disposent souvent de nombreux outils nécessaires pour assurer notre avenir souhaité d'une économie en croissance propre.

Un avenir énergétique durable pour le Canada, tel que celui envisagé par l'accord de Paris sur les changements climatiques, ne se concrétisera que s'il fait partie d'un système de communautés intrinsèquement durables, en particulier de Smart Energy Communities. Cela nécessitera à son tour la reconnaissance et le soutien politique des gouvernements supérieurs.

Si nous ne le faisons pas là où nous vivons et travaillons, nous ne le ferons pas du tout.

Références

[1] Les communautés énergétiques intelligentes améliorent l'efficacité énergétique, la fiabilité, les coûts et les émissions de gaz à effet de serre. Pour ce faire, ils intègrent des réseaux d’énergie classiques (électricité, gaz naturel, énergie de district et carburants de transport) dans les communautés afin de mieux faire correspondre les besoins en énergie avec la source d’énergie la plus efficace; intégrer l'aménagement du territoire et la planification des transports; exploiter les opportunités énergétiques locales; et mettre l'accent sur l'importance de l'efficacité énergétique pour des communautés entières.
[2] MK Jaccard et associés. (2010). La capacité de politiques de solutions énergétiques communautaires intégrées visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre en milieu urbain. Préparé pour QUEST. Consulté le 24 mai 2017. Accessible à https://www.questcanada.org/hub/quest-publications.
[3] Les principes de décision énergétique que nous proposons ici sont bien documentés. Pour plus d'informations, voir: QUEST. (2012) Combustibles et technologie pour des solutions énergétiques communautaires intégrées. Consulté le 24 mai 2015. Accessible à: https://www.questcanada.org/hub/quest-publications. De plus, vous trouverez des exemples de pratiques exemplaires pour les collectivités énergétiques intelligentes dans l'Atlas des collectivités énergétiques intelligentes, un référentiel en ligne de projets, de politiques, de programmes, de plans et de ressources énergétiques intelligents au Canada. Accessible à: https://www.questcanada.org/hub/atlas

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